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Gene Vincent

Gene Vincent

Modifié le 30/10/2020 à 08:15
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Comment fait-on pour composer à seulement 20 ans un standard du Rock ?! Be-Bop-A-Lula, l’un des hymnes du Rock parmi les plus covered de tous les temps...

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En France, Eddy Mitchell, les Daems Boys, Johnny Hallyday. Ailleurs, John Lennon, Stray Cats, The Everly Brothers, David Cassidy, Elvis Presley, Jerry Lee Lewis The Killer, The Drifters, The Beatles, Cliff Richard, Queen et même Frank Farian par l’entremise de son groupe fantoche ZZ Queen...

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Selon la version officielle, Sheriff Tex Davis a écrit les lyrics et Gene Vincent la musique. Du moins ils sont crédités comme tels sous le titre. La réalité serait autre. Pendant son hospitalisation au US Navy Hospital de Norfolk (Va.), consécutive à l’accident de moto qui lui broya la jambe gauche, (https://music.fandom.com/wiki/Be-Bop-A-Lula)

Gene Vincent aurait fait la connaissance d’un certain Donald Graves, véritable auteur de la chanson et qui lui aurait cédé ses droits selon une pratique courante de l’époque à 25$, (https://www.history101.com/may-4-1956-gene-vincent.../amp/) voire 50$ (http://www.rockisalive.fr/.../gene-vincent-be-bop-a-lula.../).

Pour en rajouter à la confusion Gene Vincent a déclaré l’avoir écoutée dans une rue, jouée par musicien ambulant et de lui avoir acheté les droits ou encore d’en être l’unique compositeur...

Où se trouve la vérité ?! Où se trouve la légende ?! Toujours est-il que la chanson enregistrée en mai 1956 par Gene Vincent and His Blue Caps est sortie au mois de juin comme B-side de Woman Love, qui se révèle un four épouvantable. Capitol a aussitôt changé de fusil d’épaule. Un pressage spécial est effectué pour Be-Bop-A-Lula qui va cartonner dans les charts. Le pendant d’Elvis Presley est trouvé : un Rocker pur et dur, et qui plus est n’était pas passé par le fameux Studio Sun de Sam Philips...

La chanson créera un tsunami. Le chant sensuel et tout en retenue de Gégène son pseudonyme français électrisera (logique quoi !) les jeunes filles et Cliff Gallup dont le jeu de guitare annonce le futur règne des guitar heroes feront la carrière de cette chanson classée 103e parmi les 500 plus belles chansons de l’histoire du Rock par le magazine Rolling Stone (https://www.rollingstone.com/.../gene-vincent-and-his.../) s’est vendue à plus de 9 millions d’exemplaires (https://www.fremeaux.com/index.php...)

Pour la petite histoire, il sera premier single acheté selon ses propres dires par Paul McCartney, qui sera bluffé par les Quarrymen de John Lennon qui interprétaient justement ce morceau lors de leur toute première rencontre.

Il y eut d’autres chansons, et même très belles chansons dans la suite de la carrière de Gene Vincent : Bluejean Bop!, Crazy Legs, Rocky Road Blues, Race With the Devil...

Mais l’inexorable déclin américain commencera à l’entame des sixties pour Gene Vincent qui passera plus de temps sur le continent européen où il avait rang de demi-dieu. Il aura le temps de faire des tournées avec son meilleur ami Eddie Cochran qui perdra la vie dans un accident de la circulation à Londres le 17 avril 1960, alors que la jambe gauche de Gene Vincent jamais guérie depuis son accident de circulation prendra un sérieux coup.

De galères en déconvenues, malgré un éclair lors du Toronto Rock and Roll Revival en 1969, Il mourra presque has been, le 12 octobre 1961 exactement. Il y a bientôt un demi-siècle.

La postérité reconnaîtra bien tardivement son importance. Il sera intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 1998, par introduit par John Fogerty dans la même cuvée que les Eagles, Fleetwood Mac, Santana... Lui, qui avait posé les bases du Rock and Roll... J’ai une forte envie d’un bon verre de bourbon à la santé de Gene Vincent et d’aller faire le joli auprès d’une fille vêtue d’un jean rouge... « My baby doll, my baby doll »

Gérard Bertrand